bénédicte dussère peintre

d

centre d'art

albert chanot

Bénédicte Dussère sort du bois. Ici même, voici un an, elle en déroutait plus d’un par son avancée, discrète, affranchie d’affèterie, vers une abstraction (je risque le mot, malgré les couches qui le recouvrent) sereine et pleine.

 

Disparus les paysages, effacés les visages, on allait enfin ne plus traiter qu’avec le support, la matière, les doux enjeux de la couleur, la subtilité des formes qui se dérobent. Et de l’élégance du travail jaillissait une force venue de très loin.

 

 Je me suis alors souvenu d’une série de grandes têtes vertes et brunes surgies de nulle part voici une bonne dizaine d’années. On aurait dû se méfier, la force était déjà là.

On ne prend pas garde, on songe à l’accident, on se rassure d’un semblant de figuration. Mais la force revient toujours.

 

Aujourd’hui, elle entre dans la chair même du bois. Alors on abandonnera sa méfiance, on la suivra sous le couvert de la matière, on sera enchanté de son allant, de sa grâce, de la certitude qu’elle nous donne de savoir où elle va…

Mathieu Riboulet

Clamart - Hauts-de-Seine - mai 2005